En 1936, le Front populaire ouvre en France une période de conquêtes sociales majeures. Les
congés payés, la semaine de 40 heures, l’augmentation des salaires, la prolongation de la
scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans changent profondément la vie de millions de Françaises
et de Français.
À Marseille aussi, cette période est celle de grands espoirs et de profondes tensions. Face
à une extrême droite puissante, incarnée par Simon Sabiani et appuyée sur les réseaux du
milieu marseillais, le mouvement ouvrier et les forces progressistes se mobilisent.
C’est dans cette Marseille, sous la mandature du maire socialiste Henri Tasso, que paraît en
octobre 1936 le premier numéro de la revue Marseille.
Dès sa naissance, la revue raconte une ville en mouvement. Son patrimoine, avec l’Hôtel
de Ville, son tout nouveau Musée Cantini ou son Opéra, mais aussi ses écoles, ses jardins,
ses équipements et les projets qui dessinent son avenir. Derrière ces pages se lit déjà une
conviction : l’histoire, le patrimoine et la culture de Marseille appartiennent à toutes les
Marseillaises et à tous les Marseillais.
Quatre-vingt-dix ans plus tard, cette conviction reste la nôtre.
Grâce au travail conjoint des Archives municipales et de l’équipe de la revue, l’intégralité de la collection de Marseille, depuis ce premier numéro d’octobre 1936, a aujourd’hui été numérisée.
C’est une mémoire exceptionnelle de notre ville qui est ainsi préservée et progressivement
rendue accessible aux chercheurs, aux étudiants, mais aussi à toutes celles et tous ceux qui
aiment Marseille et veulent comprendre son histoire.
Faire vivre cet héritage, ce n’est pas seulement commémorer les conquêtes du passé. C’est
continuer à porter ce qu’elles avaient de profondément moderne : la conviction que le progrès social, l’éducation, la connaissance et la culture doivent être accessibles à toutes et à tous.
C’est aussi permettre à chaque Marseillaise et à chaque Marseillais de connaître l’histoire de sa ville pour mieux prendre part à son avenir.
Quatre-vingt-dix ans après sa création, la revue Marseille continue d’y contribuer.
Benoît Payan,
Maire de Marseille
1936, LE FRONT POPULAIRE
1936, LE FRONT POPULAIRE